On n’entre pas dans la cour des conducteurs par hasard : chaque type de véhicule réclame son sésame. Le permis B, star des permis de conduire en France, fait rêver des millions de conducteurs en herbe. Mais ce précieux document a aussi ses limites. Avant de vous lancer à l’assaut des routes, mieux vaut savoir exactement à quoi il ouvre droit.
Les véhicules à 4 roues
Le champ d’action du permis B couvre une palette précise de véhicules à quatre roues. Voici ce qu’il est possible de conduire en toute légalité.
La voiture ou la camionnette
Le permis B vous autorise à prendre le volant d’une voiture ou d’une camionnette sous certaines conditions. Le véhicule ne doit pas dépasser un PTAC (poids total autorisé en charge) de 3,5 tonnes et doit être conçu pour transporter au maximum neuf personnes, conducteur inclus. Côté remorque, deux options s’offrent à vous : si la remorque affiche un PTAC inférieur ou égal à 750 kg, aucun souci. Si elle dépasse ce poids, vous pouvez toujours la tracter, à condition d’obtenir la mention additionnelle 96 sur votre permis B.
Cette mention s’adresse à ceux qui souhaitent atteler une remorque dont le PTAC est supérieur à 750 kg, à condition que l’ensemble véhicule+remorque reste entre 3 500 kg et 4 250 kg. Pour l’obtenir, il faut suivre une formation de 7 heures, répartie entre séquence hors circulation et séquence de circulation réelle. Une étape rapide mais obligatoire pour élargir le champ des possibles.
Les camping-cars de moins de 3,5 tonnes
Si l’idée de partir en vadrouille à bord d’un camping-car vous tente, le permis B vous permet cette liberté à une condition : le véhicule ne doit pas dépasser 3,5 tonnes. Dès que le poids grimpe au-delà, la réglementation se durcit. Voici les situations où votre permis B ne suffit plus :
- Permis délivré le 20 janvier 1975 ou après
- Permis obtenu avant le 20 janvier 1975 mais annulé ou invalidé après cette date
- Permis délivré avant le 20 janvier 1975, échangé pour un permis étranger après cette date
- Permis validé par un diplôme professionnel après le 20 janvier 1975
En clair, seuls les titulaires d’un permis B délivré avant le 20 janvier 1975, non annulé ni échangé, peuvent conduire un camping-car dépassant 3,5 tonnes sans permis supplémentaire.
Les tracteurs bridés à 40 km/h
Le monde agricole n’est pas exclu : le permis B permet aussi de conduire des tracteurs ou engins agricoles dont la vitesse maximale ne dépasse pas 40 km/h. Une ouverture utile pour les besoins ponctuels sur terrain rural ou lors d’événements spéciaux.
Les véhicules à 2 et 3 roues
Le permis B ne se limite pas aux voitures. Il ouvre aussi la porte à certains deux-roues et trois-roues, sous réserve de conditions précises.
La moto légère 125
Conduire une moto 125 cm³ ou une motocyclette légère est possible avec un permis B, à condition de l’avoir en poche depuis au moins deux ans et de suivre une formation pratique de 7 heures. Cette formation, accessible dès un mois avant la deuxième année de permis, se déroule en trois temps : 2 heures de théorie, 2 heures de pratique hors circulation et 3 heures sur route. Les tarifs, oscillant entre 200 et 300 €, varient selon l’établissement, d’où l’intérêt de demander un devis détaillé avant de s’engager.
Le scooter à 3 roues
Le permis B autorise aussi la conduite d’un scooter à trois roues de catégorie L5e, à condition que la puissance ne dépasse pas 15 kW. Mais pour cela, il faut remplir trois critères : avoir son permis depuis au moins deux ans, être âgé d’au moins 21 ans et avoir suivi la formation spécifique de 7 heures. Certains conducteurs sont toutefois dispensés de cette formation : ceux qui détiennent un permis B antérieur à 1981 ou qui ont déjà conduit une moto légère, ainsi que ceux ayant piloté un scooter L5e entre 2006 et 2010. Les modalités et le coût de la formation restent similaires à ceux de la moto 125.
Le permis B, souvent perçu comme un passe-partout, révèle ses nuances dès qu’on s’attarde sur ses possibilités réelles. Entre voitures familiales, utilitaires, camping-cars ou deux-roues, il trace ses propres frontières. Mieux vaut les connaître avant de prendre la route, sous peine de s’exposer à des déconvenues. La route reste ouverte, mais à chacun de bien lire entre les lignes de son permis avant de s’élancer.

