Un géant de la logistique portuaire en France vient de changer de main : les activités de Bolloré Transports & Logistics passent désormais sous le contrôle du groupe breton Kuhn. Derrière cette opération, un nouvel acteur de poids émerge, prêt à peser sur la quasi-totalité des ports commerciaux du pays. Kuhn affiche désormais 620 salariés et un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros, de quoi modifier l’équilibre des forces sur les quais.
Un nouveau visage pour la manutention portuaire française
Bolloré Transport & Logistics quitte donc la scène, cédant l’ensemble de ses opérations françaises à son rival, Kuhn. Ce geste n’est pas passé inaperçu : Christian de Tinguy, président de l’Union nationale des industries de manutention dans les ports français, ne cache pas sa déception. Voir partir un acteur historique, ce n’est jamais anodin. Pourtant, il relève un point positif : la transmission à un groupe français, et non à un investisseur étranger, ce qui rassure une part du secteur.
L’arrivée de Bolloré dans le giron de Kuhn représente un transfert de savoir-faire, de réseaux et de ressources. Cet apport, tout le monde s’accorde à le reconnaître. Les quais français ne perdent pas seulement un nom, ils gagnent une force nouvelle, mieux armée pour les défis à venir.
Des ports de plus en plus stratégiques
Le rachat a déjà des répercussions concrètes. Parmi les professionnels, à l’image du Groupe Ottaviani, difficile de passer à côté des atouts supplémentaires désormais à disposition de Kuhn. Le groupe compte maintenant 320 collaborateurs répartis sur 14 ports, alors qu’avant, il en exploitait 10. Cette progression n’est pas qu’une question de chiffres : c’est tout un maillage territorial qui se densifie.
Désormais, Kuhn prend pied dans des ports majeurs : Rouen, Saint-Brieuc, Rochefort, Sète, Dunkerque, Sables-d’Olonne. Cette extension, c’est aussi la diversification des activités : manutention, affrètement, stockage, consignation de navires. L’entreprise étoffe son offre et renforce sa présence sur chaque maillon de la chaîne logistique portuaire.
Un calendrier déjà fixé, des enjeux nationaux
La transaction a été conclue fin juillet, mais le transfert effectif n’interviendra qu’à l’automne, le temps de franchir l’étape incontournable de l’avis de l’Autorité de la concurrence. Kuhn se positionne ainsi en interlocuteur unique à l’échelle nationale, proposant une couverture logistique inédite en France.
Du côté de Bolloré Transports & Logistics, ce retrait s’explique par une volonté de recentrage sur les marchés internationaux, notamment en Asie et en Afrique de l’Ouest. L’entreprise assume son choix : elle préfère consolider ses positions là où elle pèse déjà lourd, plutôt que de disperser ses forces sur le territoire français.
Pour Kuhn, le bénéfice est immédiat, et il ne passe pas inaperçu dans le secteur. Même les concurrents, comme le groupe Ottaviani, reconnaissent le coup de maître. L’histoire retiendra peut-être ce passage de relais comme le point de bascule d’une logistique portuaire française qui change de dimension. Reste à voir comment ce nouveau paysage tiendra le choc face aux défis du transport mondial.


