En mai 2024, le prix moyen des véhicules d’occasion a reculé pour la première fois depuis deux ans, selon les dernières données de La Centrale. Ce fléchissement s’inscrit dans un contexte où la demande ralentit, tandis que l’offre repart à la hausse.
Certains segments résistent pourtant à cette tendance, notamment les citadines récentes et les modèles électriques. Les professionnels du secteur évoquent un ajustement nécessaire après des mois de surchauffe, mais ne s’accordent pas sur la durée ou l’ampleur du phénomène.
Où en est le marché de l’occasion aujourd’hui ? Un état des lieux chiffré
Le marché de la voiture d’occasion est en pleine transition. Pour la première fois en deux ans, on observe une baisse du tarif moyen des véhicules d’occasion en France. D’après les chiffres publiés par La Centrale, le prix médian tourne désormais autour de 19 700 euros, soit 2,4 % de moins qu’il y a un an. Sur le terrain, on sent que le climat s’apaise : les stocks se reconstituent, la cadence des ventes ralentit. Les transactions, qu’elles passent par Leboncoin, des concessions ou des réseaux spécialisés, restent à un niveau élevé, mais la frénésie post-Covid semble derrière nous.
Quelques chiffres permettent de mieux saisir la situation actuelle :
- Stocks professionnels : augmentation de 23 % en avril 2024 par rapport à l’année précédente.
- Prix des électriques : recul de 7 % sur douze mois, tandis que les modèles essence et diesel tiennent mieux le choc.
- Citadines et compactes : toujours en tête, la demande se maintient pour les Renault Clio, Peugeot 208 ou Volkswagen Golf.
À l’échelle européenne, les trajectoires divergent nettement : l’Allemagne et l’Espagne voient les prix décrocher plus franchement, alors que l’Italie fait preuve d’une stabilité remarquable. En France, le marché oscille entre les contraintes budgétaires des particuliers et l’abondance croissante de l’offre. Des modèles comme Audi, BMW, Porsche ou Tesla gardent des prix élevés, tandis que les voitures plus accessibles s’ajustent, notamment sous l’effet de la vague de véhicules récents issus des fins de leasing.
L’arrivée massive de nouveaux modèles, qu’ils soient thermiques ou électriques, force vendeurs et acheteurs à revoir leurs repères et à se montrer plus attentifs face à un marché désormais mouvant.
Pourquoi les prix fluctuent-ils ? Décryptage des facteurs qui influencent la tendance
Les évolutions du prix sur le marché de l’occasion ne relèvent jamais du hasard. Plusieurs éléments, tous liés entre eux, façonnent ces variations. Le premier levier, c’est l’équilibre entre offre et demande. Dès que les stocks professionnels gonflent, comme c’est le cas depuis plusieurs mois, la pression sur les prix de vente s’atténue. À l’inverse, la pénurie qui a frappé les années précédentes, suite aux difficultés d’approvisionnement en voitures neuves, avait propulsé les tarifs vers des sommets inédits.
L’inflation joue aussi son rôle. Les coûts d’assurance auto, d’entretien et même de financement (LOA, LLD) prennent l’ascenseur. Conséquence : certains foyers reportent ou réduisent leurs achats, poussant les vendeurs à ajuster leur politique tarifaire. Ce scénario touche également les modèles électriques : leur décote s’accélère à mesure que l’offre s’élargit, et que de nombreux modèles reviennent de location longue durée.
Les arbitrages financiers se reflètent dans les choix de modèles. Les citadines et compactes restent très recherchées. Les SUV familiaux et les modèles premium, eux, subissent des corrections plus nettes. D’autres facteurs s’en mêlent : fiscalité, évolution des aides, incertitudes économiques… Dans ce contexte, la prudence gagne du terrain. Les acheteurs consultent systématiquement fiches techniques, historiques et garanties pour sécuriser leur décision. Cette exigence de clarté alimente aussi la volatilité du prix du marché.
Les prix vont-ils vraiment baisser prochainement ? Scénarios et analyses d’experts
La question fait débat : les prix des voitures d’occasion vont-ils enfin connaître une baisse significative ? Plusieurs indicateurs convergent dans ce sens. D’abord, les stocks professionnels n’ont jamais été aussi élevés depuis trois ans, grâce à la normalisation progressive des livraisons de voitures neuves. Ce retour à une situation plus fluide, ajouté à une demande moins pressante, tend logiquement à faire descendre les prix de vente.
Les spécialistes d’Autovista et d’AAA Data anticipent une correction douce, sans chute brutale. Ils tablent sur un recul de 3 à 5 % du prix du marché d’ici la fin de l’année, porté par l’arrivée de nombreux modèles récents et la multiplication des annonces sur des plateformes comme Leboncoin. Les voitures électriques d’occasion, jusqu’ici moins affectées, commencent à voir leur valeur chuter rapidement, notamment chez Renault, Tesla ou Peugeot. Le phénomène est encore plus net sur les modèles premium, Audi, BMW, Porsche, où la différence entre le neuf et l’occasion se réduit nettement.
Voici ce qui se dessine selon les segments :
- Marché général : une correction progressive s’installe
- Électriques et hybrides : l’ajustement est plus marqué sur les véhicules en stock
- Petits modèles essence et diesel : la demande reste solide, les prix tiennent
La prudence reste de mise : si les taux d’intérêt ou la logistique venaient à se tendre à nouveau, le mouvement pourrait s’enrayer. Mais la réalité actuelle, stocks plus fournis, choix élargi, arbitrages financiers plus rigoureux, installe le marché dans une période de transition. Les premiers signes de ce rééquilibrage se lisent déjà dans l’évolution du prix des véhicules d’occasion.
Comment ces évolutions impactent les acheteurs et vendeurs au quotidien
La transformation du marché de l’occasion rebat les cartes pour tous. Côté acheteurs, la diversité et l’abondance de l’offre rendent les négociations plus ouvertes. Les stocks professionnels s’étoffent, les modèles récents deviennent plus accessibles, le choix s’élargit sur des plateformes telles que leboncoin. Résultat : moins de pression pour acheter dans l’urgence, plus de latitude pour comparer les prix des voitures d’occasion. Les guides d’achat et fiches techniques s’imposent comme des outils incontournables pour sélectionner, trier et éviter les mauvaises surprises.
Du côté des vendeurs, surtout pour les professionnels, il faut s’adapter. L’époque des surcotes automatiques s’estompe. Les reprises sont évaluées à la lumière d’une concurrence accrue : sur le segment des véhicules d’occasion de moins de cinq ans, la décote se fait plus forte. Les particuliers qui misaient sur une vente rapide et lucrative doivent revoir leurs ambitions. Les marges diminuent, les délais de vente s’allongent, surtout en dehors des grandes villes.
Chez les généralistes comme Renault, Peugeot ou Volkswagen, les petits modèles gardent une certaine stabilité, mais le haut de gamme devient plus imprévisible. Pour les électriques, la crainte d’une dépréciation accélérée ralentit les ventes. L’assurance auto, souvent intégrée dans les formules proposées, se transforme en argument pour convaincre les acheteurs hésitants. Le marché français se retrouve à un tournant, en train de réapprendre à composer avec la patience et le compromis.
Le marché de l’occasion, longtemps synonyme de ruée et de tension, s’apprête à écrire un nouveau chapitre. Désormais, chaque transaction s’apparente à une négociation à armes égales, où l’information et la vigilance pèsent plus que jamais.


